BRAGA
Histoire
L'histoire
| Commandé en 1938 aux chantiers suédois de Aktiebolaget Lindholmens Varv, le BRAGA appartient à la série de navires dits de type B. En effet, à partir du troisième vaisseau, le Bayard, Fred Olsen & Co décide de nommer tous ses navires d’un nom commençant par B. Ce cargo, construit sous le numéro de coque 961, dispose de deux ponts et de quatre cales. Bien que non équipé de cales réfrigérées, il présente de larges aérations propices au transport de fruits. Autre particularité des navires Fred Olsen : la figure de proue. En effet, cette tradition, remontant au temps de la navigation à voile, est reprise au milieu des années 1930 par l’armateur norvégien. Destinée à l’origine à assurer la protection des marins par les dieux qu’elle représentait, la figure de proue devient pour Fred Olsen un moyen de se démarquer de la concurrence. Des sculptures en bronze sont donc réintroduites et sont en relation avec le nom du navire ou du lieu que le bateau fréquente. Le BRAGA bénéficie quant à lui de la protection d’Henri le Navigateur. Destiné à la ligne « The Norwegian Mediterranean Line » et affecté à la filiale Den Norske Middelhavslinje Aktieselskap, le BRAGA voit son destin bouleversé par la Deuxième Guerre mondiale. |
LA SECONDE GUERRE MONDIALE ET LA NORTRA SHIP
Au moment de la déclaration de guerre, le 9 avril 1940, la Norvège compte alors plus de 1 000 navires qui sont la propriété de 500 armateurs norvégiens. Le roi de Norvège, alors en exil en Angleterre, décide par décret royal, le 22 avril, de la réquisition de l’ensemble de la flotte marchande. |
LE BRAGA ET DIEPPE
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| La seconde campagne voit le renfort du Balbolm, ce qui permet d’instaurer une rotation hebdomadaire, l’ensemble du voyage nécessitant trois semaines. Le départ est fixé au mercredi et vendredi afin de permettre une arrivée des fruits sur le marché français les mercredis et lundis suivants. 27 voyages sont effectués en tout. La campagne 1949/1950 compte 25 escales, mais les récoltes sont perturbées par de mauvaises conditions climatiques, ce qui allonge les départs du Maroc et le BRAGA clôture la saison le 28 décembre. Néanmoins, une concurrence apparaît et la Fred Olsen & Co est obligée de partager le marché avec notamment Wm H Muller de Rotterdam. La ligne maritime est même partagée à partir de 1952 avec la Société Nationale des Chemins de fer. En décembre 1958, commandant du BRAGA depuis 1945, Sverre Kaarin décide de « poser son sac à terre ». Il choisit Dieppe comme nouveau port d’attache, mettant ainsi fin à quarante années de navigation au service de la Fred Olsen & Co. Néanmoins, il devient l’homme de confiance de la compagnie et représente ses intérêts à Dieppe. |
Compagnie
La compagnie
ORIGINES DE LA "FRED OLSEN & Co"
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"FRED OLSEN & Co" ET DIEPPE
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Autre conséquence de l’importance de la présence de la Fred Olsen à Dieppe, de nombreux officiers et marins s’y installent avec leurs familles : en 1934, un recensement dieppois dénombre 29 familles norvégiennes. |
Naufrage
Le naufrage
Un bananier norvégien victime du mauvais temps. Le 7 février 1961, il heurte le quai à Dieppe et, peu après, il sombre en mer.
LE NAUFRAGE DU BRAGA !

| Il est 03 h 30 le mardi 7 février 1961 lorsque le BRAGA quitte Dieppe après avoir déchargé 581 t d’agrumes, de primeurs et 13 t de divers chargées à Casablanca. Son prochain port d’escale est Southampton et, malgré les conditions atmosphériques très défavorables, le commandant Aagre décide d’appareiller sans remorqueur. |
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| Au cours des manœuvres, le BRAGA heurte le pertuis de la passe Amiral-Rolland : un premier choc est d’abord ressenti sur bâbord, la violence du choc est telle que le navire est drossé sur le quai opposé. Une entaille dans le gré du quai permet de se faire une idée de l’ampleur de la collision. Malgré cela, jugeant l’incident de peu d’importance, le commandant Aagre décide de poursuivre sa route… Il ne procède même pas à l’inspection de sa coque ; cela causera la perte du BRAGA. À 11 h 30, alors que le cargo est à 25 milles de Dieppe, une voie d’eau est découverte à bord et le radio du bord réclame l’assistance d’un remorqueur. Néanmoins, le commandant ne pense pas que son navire soit en danger ; l’équipage s’occupe à colmater la brèche. Aucun S.O.S. n’est lancé ! À 13 h 10, la situation s’est aggravée et les pompes du navire n’arrivent plus à compenser l’eau embarquée. Le radio lance cette fois un appel au secours, le BRAGA commence à piquer du nez et il accuse une gîte assez prononcée. Mis en alerte, le remorqueur Balidar quitte Dieppe pour porter secours au BRAGA. Le commandant Simon, à bord du cargo Rennes affecté à la ligne Dieppe–Newhaven, l’un des premiers à capter le message de détresse du BRAGA, se détourne aussitôt. L’Abeille 20, qui a entendu l’appel de 11 h 30 du cargo norvégien, appareille du Havre à 11 h 55. Le navire anglais Meaching de Newhaven se déroute aussi. Des canots de sauvetage et un hélicoptère de la Royal Navy hâtent les préparatifs de départ. Forçant la vapeur, le Rennes est le premier à arriver sur les lieux alors que l’équipage abandonne le BRAGA à bord d’un canot et de radeaux. Le commandant Simon recueille 17 personnes (dont le capitaine Aagre et les deux passagers) tandis que le bananier Banora, qui se rend de Hambourg à Dieppe, sauve les douze derniers naufragés. À 15 h 38, le BRAGA se couche sur son flanc bâbord et bascule vers le fond, ne mettant que quatre minutes à disparaître dans les flots. Apprenant la nouvelle, l’Abeille 20 fait demi-tour. |
LE RETOUR AU PAYS
| À leur débarquement, les 12 marins, recueillis par le Banora, n’expriment que le désir de se reposer. Ils sont dirigés sur un hôtel de la ville tandis que leurs camarades sur le Rennes sont débarqués à Newhaven. La compagnie Fred Olsen & Co affrète un avion Vickers qui se rend à Londres pour récupérer les 17 naufragés débarqués en Grande-Bretagne. Puis il atterrit à Beauvais d’où, le 8 février en fin d’après-midi, il évacue les 11 membres restants vers la Norvège. Seul le matelot Borzina reste en France, car domicilié à Dieppe. |
Plongée
La plongée
RÉCITS DE PLONGÉE SUR LE BRAGA
(Groupe de Recherche et d'Identification des Épaves de Manche-Est – Reproduction interdite sans autorisation) |
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« Sacré Henri ! » Voici ma confidence, une fois ma déception passée... |
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Photos
Vidéos
Les photos par Patrice STRAZZERA
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Les photos par François MATHIEU
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CRÉDIT PHOTOS SOUS-MARINES ET REMERCIEMENTS
Patrice Strazzera
Le Sommeil des épaves – Reproduction interdite sans autorisation
René Tamarelle
(Les Corsaires d’Ango) pour accord de publication de son récit de plongée
La Chambre de Commerce et d'Industrie de Dieppe
Le centre de documentation Jean Renoir de Dieppe
Franck Boitelle et Pierre Lefebvre pour leur ouvrage Quais des Bananes aux Éditions Bertout



Les origines de la compagnie norvégienne remontent aux trois frères Olsen : Frederik Christian, Peter et Andréas. Tous sont armateurs au milieu du XIXe siècle et connaissent des fortunes diverses.

(Groupe de Recherche et d'Identification des Épaves de Manche-Est – Reproduction interdite sans autorisation)
De bonne heure à la cale de Saint-Valéry-en-Caux, j’embarque sur le Narcose, bateau en aluminium du club de Cany, pour une journée de plongée non-stop. Juste à l’heure pour embarquer, nous nous plaçons face à la digue nord de l’entrée du port pour embarquer les deux derniers retardataires ; ils sont obligés de se mettre à l’eau, la marée étant trop basse pour permettre au Narcose de rester au niveau de la cale sans s’échouer.
Le BRAGA reste donc une des épaves de Dieppe avec le HMS Daffodil (voir La Saga des épaves de la Côte d’Albâtre, tome 1) et le Gauss qu’il faut plonger.









