L’U.J. 1404 ou FRANKEN
Histoire
L'histoire
L’U.J. 1404 ou FRANKEN À DIEPPE |
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L’Opération Jubilee de Dieppe fait une victime dans la Kriegsmarine... le Franken plus connu sous le nom d’UJ 1404 ou "Tintin"
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ZONE SOMBRE AUTOUR DE L’UJ 1404 |
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La fin de l’U.J. 1404 restera parmi les plus floues des pertes allemandes de cette Seconde Guerre mondiale. Que faisait l’U.J. 1404 au large de Dieppe en ce 19 août 1942 ? Difficile de le savoir au travers des archives de guerre ! Ces dernières sont muettes et l’on ne peut que se référer aux écrits de HEINRICH GRÖNER pour savoir que le matin du 19 août, à 6 h 10 exactement, l’U.J. 1404 coulait à la position estimée à l’époque de 49° 56’ N pour 01° 04’ E. En réalité, et après plusieurs plongées effectuées sur trois épaves différentes de ce secteur, une seule se rapprochait des dimensions de l’U.J. 1404. Cette dernière se situait à 50° 02’ 312 N pour 001° 06’ 596 E. Nous avions là un navire armé d’un canon de 88 mm, mesurant près de 55 m pour environ 8 m de large. La proue restait l’élément déterminant, étant équipée d’un bras articulé comme sur les Sperrbrecher. Les deux autres épaves vérifiées ne présentaient pas cette spécificité. Leurs dimensions ne correspondaient pas du tout au navire recherché. L’U.J. 1404 venait de trouver sa position définitive dans les fonds de la Manche. |
DE LA CONSTRUCTION À LA RÉQUISITION |
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Comme beaucoup de navires réquisitionnés et transformés par la marine de guerre allemande, le FRANKEN était un chalutier de pêche. Son numéro de matricule était PC 303. Le navire avait été construit par le chantier NORDERWERFT KÖSER & MEYER AG à Hambourg. Le navire mesurait 54,10 m de long pour 8,17 m de large. Il avait un tirant d’eau de 3,73 m. Équipé d’un moteur à triple expansion, il filait 12/13 nœuds en vitesse de croisière. Sorti des chantiers le 21 septembre 1937, il fut baptisé FRANKEN le 6 novembre de la même année.
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Le 6 juillet 1939, il connaît sa première affectation comme U.J. 128 en mer du Nord. C’est le 1er août 1941 qu’il rejoint la 14e Flottille de guerre allemande, sous le numéro 04 pour U.J. 1404. Le Franken devient définitivement l’U.J. 1404.
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6 JUILLET 1939 - PREMIÈRE AFFECTATION SOUS LE NOM D’UJ 128 |
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L’épisode glorieux de l’UJ 128 : comment ce navire contribua à l’unique capture d’un sous-marin britannique Le 5 mai 1940 au petit matin, avant le levé du jour, deux ARADO 196 de l’escadron côtier KÜSTENFLIEGERGRUPPE 706 s’envolent. Les pilotes GÜNTHER MEHRENS et KARL SCHMIDT veulent inspecter le détroit du Kattegat entre le Danemark et la Suède. À l’aube, ils auront de plus grandes chances de surprendre un sous-marin encore en surface, profitant de l’obscurité pour charger ses batteries avant de replonger en profondeur.
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En effet, les forces navales allemandes ont pourchassé la veille un sous-marin qui posait des mines dans le secteur. Il s’agit du Seal, une unité de la classe Porpoise, il mesure 88 m de long et 8 m de large. Sa propulsion diesel-électrique lui permet de filer à 15 nœuds en surface et 9 nœuds en plongée. Il est équipé pour mouiller 50 mines (celles posées lors de sa mission couleront d’ailleurs quatre navires allemands, totalisant une perte de 7 000 t).
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L’équipage du Seal a subi, pendant 22 heures, une chasse ininterrompue et sans merci. Au petit matin, le sous-marin ébranlé par les grenadages et l’explosion d’une mine à proximité fait enfin surface après une longue période sur le fond. Son équipage est intoxiqué par les gaz délétères et le submersible n’est plus en état de plonger. De plus, son artillerie de surface est enrayée. C’est donc à petite vitesse qu’il remonte vers le nord pour tenter de gagner un port neutre suédois.
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Les deux avions allemands survolent les flots à une altitude de 50 m, inspectant la mer avec attention. Les aviateurs aperçoivent soudain une forme émergeante sur leur droite. Après un survol rapide, les pilotes constatent qu’il s’agit bien du kiosque d’un sous-marin. Le submersible semble mal en point car le kiosque est incliné sur bâbord et sa partie arrière reste immergée.
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Le lieutenant MEHRENS effectue un tir de sommation en direction du sous-marin, avec son canon de 20 mm, et prend ensuite la lampe de signalement pour envoyer un K qui veut dire : « Stopper immédiatement ! ». Il demande par la suite au bateau de s’identifier. Le capitaine RUPERT LONSDALE ordonne au matelot chargé des transmissions de répondre avec des signaux incompréhensibles pour gagner du temps. L’aviateur allemand s’aperçoit de la manœuvre de diversion, monte à une altitude de 1 000 m pour plonger en piqué et larguer sa bombe de 50 kg. Le projectile manque le sous-marin de 30 m. Le second Arado loupe également sa cible. Le deuxième passage des avions pour larguer leurs dernières bombes se fait plus précis. Les geysers s’élèvent tout près de la coque du Seal qui commence à rouler dangereusement, l’obligeant à lancer un « SOS ». Entre-temps, l’eau, qui continuait à monter lentement dans le bateau, noie le dernier moteur en fonctionnement. Le Seal n’est maintenant plus manœuvrable. Les hydravions approchent à nouveau pour mitrailler le kiosque quand ils aperçoivent l’officier anglais agiter une nappe blanche en signe de reddition. Le capitaine LONSDALE ordonne aussitôt à son second, le lieutenant BEET, de brûler les documents secrets, de préparer le sabordage et d’organiser l’évacuation du navire par l’équipage. La seule charge de sabordage située à l’avant ne fonctionnera pas !
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Les deux pilotes n’en croient pas leurs yeux. Ce n’est jamais arrivé que deux avions capturent un gros sous-marin poseur de mines. De peur que le bateau puisse quand même s’échapper et que personne ne les croit, l’Arado du sous-lieutenant SCHMIDT amerrit et oblige le capitaine de venir à son bord. Par radio, les avions demandent une assistance navale pour capturer et remorquer leur prise.
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Ce sera l’UJ 128 (ex Franken) le premier sur place qui remorquera fièrement le sous-marin jusqu’à Frederikshaven. Triste journée pour les 53 matelots du Seal capturés, surtout pour le capitaine LONSDALE dont, en ce jour, c’est le 35e anniversaire.
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Officiers allemands inspectant le HMS Seal sur lequel on voit les impacts d’obus de 20 mm des Arado.
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La capture de ce sous-marin et son étude à Kiel par les ingénieurs allemands n’apporta que peu d’informations, si ce n’est sur les torpilles et leur détonateur. Après quelques essais, il fut désarmé en 1941 car son équipement ne correspondant pas aux normes allemandes, il aurait été trop coûteux de le modifier. Il fut détruit en 1945. Ce succès fut surtout exploité par la propagande allemande. Après cinq ans de captivité en Pologne, le capitaine de corvette R.C. LONSDALE et son second, le lieutenant de vaisseau T.A. BEET, comparaitront en cour martiale du 9 au 11 avril 1946 à Portsmouth afin d’expliquer pourquoi ils n’ont pas détruit leur bâtiment, plutôt que de le livrer. Ils seront finalement acquittés pour conduite honorable, mais le capitaine LONSDALE, très affecté, démissionnera de la marine et finira sa vie comme missionnaire en Afrique. |
1ER AOÛT 1941 - INCORPORATION À LA 14E FLOTTILLE DE CHASSEURS DE SOUS-MARINS : L’UJ 128 DEVIENT UJ 1404 |
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Une nouvelle flottille est créée en 1941 pour assurer la sécurité et la lutte anti-sous-marine aux abords des nouvelles bases navales, sur la côte atlantique française ainsi que la protection des convois de ravitaillement. Elle est basée à Lorient et y restera jusqu’à la capitulation en 1945. Notre UJ la rejoint le 1er août 1941 et reçoit le nouveau code UJ 1404. La 14e U-Bootsjagdflottille se compose de 33 unités :
- 6 baleiniers (UJ 1411 à UJ 1416) - 6 cotres de guerre KFK (UJ 1440 à UJ 1445) - 4 cotres de guerre KUJ (UJ 1430 à UJ 1433) - 8 bateaux de pêche récents (UJ 1405 à UJ 1409, UJ 1434 et UJ 1435) - 1 vapeur ex-polonais (UJ 1421) - 8 chalutiers (UJ 1401 à UJ 1404, UJ 1420, UJ 1424 à UJ 1426)
En fait, ces chasseurs de sous-marins n’en avaient sans doute que le nom. Leurs moyens de détection par hydrophone étaient assez rudimentaires et leur vitesse trop faible pour traquer efficacement un sous-marin. Ces navires se contentaient de larguer quelques grenades au moindre sillage suspect de périscope. Les UJ jouaient surtout un rôle de navire d’escorte. Les Alliés, quant à eux, prirent plusieurs longueurs d’avance à partir de mi-1942, avec le perfectionnement du sonar qui allait participer pour une bonne part au déclin de la menace sous-marine allemande.
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GRENADES ANTI-SOUS-MARINES SUR L’UJ 1404Dès la Première Guerre mondiale, l’un des moyens de lutte contre les sous-marins est sans conteste la grenade. Pour augmenter les chances d’atteindre un submersible en plongée, un mortier fut mis au point pour projeter une grenade à 75 m de part et d’autre du navire. En plus du largage par gravité à partir des rampes arrière, ce grenadage latéral multipliait les chances de toucher l’objectif.
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La manipulation des grenades à placer sur leur lanceur reste un travail fastidieux pour l’équipage. La grenade est positionnée sur un berceau en forme de pelle, prolongée d’un tube. Cet ensemble est emmanché dans le mortier. L’explosion d’une charge de poudre est déclenchée dans une chambre annexe, communicant avec le fût principal. Telle une sarbacane, les gaz expulsent le berceau et sa grenade.
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Il est donc intéressant de détailler les moyens de lutte sous-marine qui équipaient l’UJ 1404. |
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2 - Détonateur 3 - Amorce 4 - Trou de remplissage en TNT 5 - Anneaux de manutention 6 - Charge explosive 7 - Enveloppe extérieure |
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Ces charges explosives, inventées par les Britanniques lors de la Première Guerre mondiale, sont extrêmement simples. Il s’agit d’un cylindre en acier rempli de 150 kg de TNT et doté d’un détonateur sensible à la pression hydrostatique, que l’on règle suivant la profondeur où l’on veut déclencher l’explosion. La vitesse de chute dans l’eau est d’environ 2 à 4 m/s. Une grenade de ce type est meurtrière pour un submersible si elle explose à moins de 8 m. Elle causera des dommages dans un rayon de 15 m. Au-delà de cette distance, même si ces explosions étaient inoffensives pour l’objectif, elles peuvent avoir des effets de commotion cérébrale sur l’équipage.
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Au début de la Seconde Guerre mondiale, les grenades sous-marines des belligérants sont sensiblement les mêmes qu’à la fin du premier conflit mondial. Les sous-marins améliorant leur vitesse en plongée et descendant plus profondément, les grenades vont devoir évoluer. Ainsi, la profondeur d’utilisation des grenades, qui était de 9 à 100 m, va passer jusqu’à 183 m à partir de 1942. La vitesse de descente va elle aussi passer de 3 à 4 m/s. Les Américains la feront évoluer en forme de goutte d’eau lestée et dotée d’un empennage pour augmenter sa vitesse de descente à 7 m/s. Concernant l’UJ 1404, nos constatations sont assez formelles. Tout en se gardant une possibilité fort minime d’erreur, nous pouvons affirmer que certaines mines anti-sous-marines de l’UJ 1404 reposent au fond de la Manche, comme en témoigne notre image ci-dessous.
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UJ 1201 vu de l’arrière. Grenades anti-sous-marines de l’UJ 1404. Gros plan sur le « lanceur » de grenades de l’UJ 1201.
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Naufrage
Le naufrage
LA PERTE DE L’UJ 1404 |
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| Dessin de Michel TORCHE |
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En cet été 1942, les Alliés mobilisent 237 navires divers pour préparer un raid sur Dieppe. Le but est de tester les futures techniques d’invasion, ce sera l’opération Jubilee. Elle consiste en une action éclair pour détruire les installations portuaires, le terrain d’aviation de Saint-Aubin, les installations radar et les défenses côtières en amont et en aval de Dieppe. Une menace pour la flotte de débarquement sera la batterie Goebbels sur les falaises de Berneval, au nord de Dieppe. Elle est constituée de trois canons de 170 mm, quatre de 105 mm et deux batteries anti-aériennes de 20 mm. La garnison allemande comprend au moins 200 hommes. La neutralisation de ce point fortifié sera confiée à 400 commandos qui débarqueront dans les valleuses, de chaque côté de Berneval, pour attaquer la batterie à revers. Ce sera l’opération Flodden. Quatre LCP "Eureka" près d’une vedette de type MG/Motor Gun - (Source : © IWM A11230)
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Durant la nuit du 18 au 19 août, le groupe naval n°5 fait route par une nuit sans lune. Il est constitué : - du SGB n°5 Grew Owl (petite canonnière à vapeur équipée d’un 77 mm) - de 23 LCP light Eurekas (petites péniches en bois sans blindage, transportant 18 à 20 commandos) - du ML 346 (vedette rapide avec un 40 mm et une mitrailleuse) - du LCF n°4 (barge de défense armée de 2 canons de 100 mm et d’artilleries anti-aériennes) La canonnière SGB n°5 ouvre la route, suivie des 23 LCP Eureka répartis en cinq colonnes. Leur protection latérale est assurée par la vedette ML 346 et le LCF n°4. Dès 0 h 40, les radars britanniques ont bien détecté la présence d’un convoi allemand qui longe la côte en descendant vers Dieppe, mais, chose obscure, cette information n’est suivie d’aucune réaction ! Problèmes de transmissions, mauvaise interprétation des destroyers (qui n’assureront donc pas une protection du flanc), crainte d’éveiller l’attention des Allemands par une interception ? La consigne de silence radio n’arrange rien, le choc sera donc inévitable. Le convoi allemand est constitué de trois chalutiers armés (l’UJ 1404, UJ 1411 et un chasseur de mines) qui escortent cinq caboteurs dont un navire citerne. Ils sont partis d’Allemagne pour rejoindre Lorient et progressent la nuit en longeant le littoral pour éventuellement bénéficier des défenses côtières. La veille au soir, ils quittent Boulogne pour rallier Dieppe. Soudain, à 3 h 47, une fusée éclairante illumine le groupe de débarquement. Découvrant la flottille arrivant sur son avant tribord, l’UJ 1411 ouvre le feu de toutes ses pièces. Éclairés comme en plein jour et sous les balles traçantes qui fusent, les commandos dans leurs frêles péniches se sentent bien vulnérables. Le SGB 5 augmente l’allure pour guider les Eurekas vers leurs plages respectives. Il devient alors la cible principale des tirs allemands. Rapidement, armement et radio sont hors d’usage, la chaudière est touchée et la moitié de l’équipage est blessé (il n’y aura cependant qu’une victime). Il rompt alors le combat à 4 h 07 et fait demi-tour. Au matin, des péniches le remorqueront jusqu’à Newhaven.
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C’est maintenant la pagaille, les petits LCP se dispersent en cherchant à fuir le combat. Certains, touchés, rebroussent chemin, d’autres coulent ! Tous les survivants précipités à l’eau dans la nuit noire n’auront pas la chance d’être récupérés par les bateaux alliés. Du haut des falaises, la garnison allemande pense assister à l’une des nombreuses escarmouches nocturnes que se livrent régulièrement les vedettes et elle n’intervient pas. Les destroyers HMS Brocklesby (anglais) et ORP Slazak (polonais) remarquent aussi les éclairs du combat mais ils en sont à 8 km, trop loin pour intervenir. Sous les fusées et les obus éclairants, le LCF 1 et le ML 346 s’interposent aux chalutiers armés et ripostent avec vigueur en incendiant l’UJ 1404, dont le commandant sera tué. Les matelots allemands sont contraints d’abandonner le navire. À 4 h 50, sur le LCF endommagé, la majeure partie de l’équipage, dont tous les officiers, sont tués ou blessés. Le navire met alors le cap sur Dieppe pour rejoindre le gros de la flotte. Seuls, sept Eurekas débarquent à l’heure et aux lieux prévus. La défense côtière en alerte les attend de pied ferme et ne leur permettra pas d’atteindre les batteries. Les commandos, durant leurs combats, observeront un peu plus loin la poursuite du ML 346 contre le Franz (le petit tanker) qui s’échouera en flammes à la côte. L’équipage de la vedette récupérera même son pavillon en trophée. Après une défense héroïque des commandos aux abords de la plage, certains réussiront à rembarquer, les autres survivants se rendront sous les honneurs des troupes allemandes.
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LCP (Source : © IWM A11231)
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LCF (Source : © IWM FL5979)
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Un groupe de 17 hommes ayant débarqué au pied d’une autre petite valleuse, en amont de Berneval, réussira à monter vers l’objectif. Ils harcèleront les servants de batteries durant 1 h 30 avec leurs armes légères et perturberont ainsi fortement le tir sur la flotte de débarquement à Dieppe. Bien que la batterie ne soit pas détruite, l’opération Flodden sera tout de même un semi-succès. À 5 h 15, les destroyers arrivent sur les lieux. Le HMS Brocklesby (classe Hunt) bombardera l’UJ 1404 toujours en flammes et le coulera. Il repêchera 25 survivants allemands.
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L’UJ 1411 en réchappera et son commandant sera félicité pour avoir coulé plusieurs embarcations. Nous n’avons guère trouvé d’informations sur le devenir du restant du convoi.
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(Source : © IWM)
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UN RAPPORT BRITANNIQUE POUR MIEUX COMPRENDRE L’HISTOIRE DE L’UJ 1404 ET SON NAUFRAGE |
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Le Royaume-Uni a exploité un centre d’interrogatoire connu sous le nom CSDIC (Combined Services Detailed Interrogation Centre) à Cockfosters Camp, pour l’utilisation conjointe de la Royal Navy, la RAF et de l’Armée. Cet organisme examina de nombreuses opérations, actions, attaques qui se déroulèrent durant la Seconde Guerre mondiale. Parmi les rapports que le CSDIC a publiés, figure un document relativement détaillé à propos de la perte de l’UJ 1404 lors de l’opération Jubilee. Vous trouverez ci-dessous une traduction de ce document qui aidera à la compréhension des événements du contexte du naufrage de l’UJ 1404. Certains éléments de traduction restent parfois approximatifs ou imprécis.
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À lire pour mieux comprendre l’histoire de l’UJ 1404
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Plongée
La plongée
AMERS ET INFOS PLONGÉE |
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Accès plongée : Le port de Dieppe paraît être le plus approprié à partir du moment où l’on possède une embarcation type « Zodiac ». Mise à l’eau à la Carpente à côté du Pollet (en respectant les habitants du quartier). De nombreux clubs dieppois et rouennais « plongent » fréquemment cette épave, vous pouvez peut-être les contacter pour qu’ils vous emmènent sur ce site. |
RÉCITS DE PLONGÉE - IMPRESSIONS GÉNÉRALES |
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Esquisse
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Bien que cassée en morceaux, cette épave est facile à visiter par bonne visibilité. La partie arrière, plus importante, reste à privilégier car c’est sur cette zone que le plongeur aura le plus d’éléments à découvrir. La chaudière et le moteur sont bien visibles. Ces deux éléments donneront au visiteur le sens de l’épave. Le secteur de barre remontant de la poupe laisse deviner, par la forme arrondie de l’arrière, que l’hélice n’est pas très loin. Au sable, proches de l’épave, quelques grenades anti-sous-marines éventrées gisent ici et là. Sur la partie bâbord, on découvre une multitude d’objets usuels : morceaux d’assiettes, de verres, éléments de cuisine et carrelages se mélangent au sable dans une mosaïque aux couleurs chatoyantes. La suite de l’exploration permet de découvrir ce qui subsiste d’un compartiment fermé sur lequel un treuil de charge, retourné, repose en équilibre instable. Une large bande de sable « coquillier » sur 5 à 6 m laisse place à quelques débris de membrures. Ensuite, l’on trouve une partie de coque sur laquelle repose un canon de 88 mm tombé de son affût. La proue se détache à son tour de cette partie de coque pour gîter sur bâbord et laisser entrevoir l’ancre tribord encore à poste. Le tour complet se fait en une plongée. Plusieurs explorations sont nécessaires à qui veut découvrir en détails cette épave fort « sympathique » et non loin de Dieppe.
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RÉCIT DE PLONGÉE - DÉTAILS D’UNE EXPLORATION PAR JEAN-LUC LEMAIRE (2009) |
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UJ 1404 par Jean-Luc LEMAIRE
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Photos
GALERIE PHOTOS
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L’UJ 1404 en quelques images
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DEVOIR DE MÉMOIRE ET PATRIMOINE |
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Toujours dans le cadre de l’opération Jubilee, le GRIEME, en accord avec le DRASSM, a souhaité remettre à l’association du 19 août 1942 de Dieppe, un objet trouvé sur le navire UJ 1404 (dénommé également Franken). Il s’agit d’une tasse estampillée de l’aigle à croix gammée. C’est au cours d’une cérémonie, en présence de plusieurs personnalités officielles canadiennes et françaises, qu’Yvon CHARTIER et Dominique RESSE, au nom du DRASSM, ont remis l’objet en question qui a été « inventé » par François MATHIEU, également l’un des présidents du GRIEME.
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Extrait du site internet de la ville de Dieppe
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Vidéo
IMAGES À PROPOS DU FRANKEN PRISES EN JANVIER 2021À noter que la visibilité en Manche-Est est souvent très bonne l’hiver
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Repères
QUELQUES REPÈRES BIBLIOGRAPHIQUESRetrouvez l’U.J. 1404 dans La Saga des Épaves de la Côte d’Albâtre tome 2, éditée par le GRIEME, en vente par correspondance sur notre site internet. Opération Jubilee - Dieppe 19 août 1942 de Claude-Paul COUTURE, édité en 1969 chez France-Empire Dieppe Opération Jubilee. Le sacrifice des Canadiens de P. CHERON, T. CHION et O. RICHARD, édité en 2002 chez Petit à Petit Die Deutschen Kriegsschiffe 1815 - 1945 de Erich GRÖNER, édité en 1993 par Bernard & Graefe Verlag
REMERCIEMENTSRené TAMARELLE des Corsaires d’Ango Amis de la section Histoires Maritimes du GCOB Peter PAWLOWSKI (pour ses traductions) et Alan WAITE du GCOB Imperial War Museum |























1 - Vanne d’entrée d’eau et chambre d’expansion





























