M-3857 (Ex VP 1515 ou ROTHERBAUM)
Histoire / Naufrage
PRÉAMBULE |
|
|
|
Le 25 août 1944, une attaque des MTB (Motor Torpedo Boat – navire lance-torpilles) britanniques laisse le VP 1515 à l’agonie devant le village des Petites Dalles (commune de Haute-Normandie en Seine-Maritime). Nous vous racontions, dans le Tome 1, la mésaventure du Viking 7 ou VP 1501, qui avait été la première victime des MTB lors d’une attaque du 27 septembre 1943. Le Rotherbaum, qui subit le même sort à quelques milles nautiques de là en 1944, devait être le dernier des navires de la 15 VP à disparaître.
|
UNE ÉPAVE OUBLIÉE DANS LES ANNÉES 1990 SUITE À UN ACCIDENT DE PLONGÉE |
![]() |
|
Connue des plongeurs de Fécamp et Saint-Valéry-en-Caux, cette épave resta pendant une dizaine d’années oubliée suite à un accident. Un chalut bloqué sur l’épave était à l’origine de ce drame et la visibilité, assez médiocre en raison de la proximité de la côte, faisait oublier à tous qu’il y avait une épave dans ce secteur. Pourtant, l’envie de découvrir de nouvelles épaves sur notre côte l’emporta et, un jour de l’année 2000, ce fut pour nous une agréable redécouverte.
|
UN AIR DE RESEMBLANCE AVEC DES DIMENSIONS PLUS MODESTES |
![]() |
|
Avec 36,57 m de long pour 7,31 m de large, le VP 1515 est de 10 m plus court que le VP 1501. Le détail qui nous fit pencher rapidement pour un navire de type VORPOSTENBOOTE fut la découverte du canon de 88 mm. Comme sur l’UJ 1433 (voir Saga Tome 1) et le Viking 7, le canon est situé sur l’avant du navire et encore à poste sur le Rotherbaum. Puis, difficile de confondre le navire avec un autre type lorsque l’on découvre les restes du château et de la passerelle de commandement. La barre à roue est toujours à poste, entièrement recouverte d’œillets de mer blancs, donnant une dimension à cette dernière qu’il était difficile de ne pas immortaliser sur la pellicule.
|
Plongée
La plongée
VISITE GUIDÉE |
![]() |
|
Il est vrai que les épaves à la côte, c’est-à-dire dans la bande des 2 à 3 milles nautiques, ne sont visitées que lorsque la météo est restée, pendant plusieurs jours, calme. L’expérience et les constats réalisés, d’année en année, nous permettent de dire que les vents de nord-est apportent une eau plus claire quand la saison du plancton se termine à partir de la mi-juin. C’est alors que nous pouvons découvrir ces épaves avec des visibilités qui parfois avoisinent les 10 à 15 m. Ce jour-là, en l’été 2001, la visibilité était des nôtres, un petit coefficient nous permettait de n’avoir que 20 m d’eau au sable. Arrivés sur le point sondé le plus haut, la proue, nous découvrions le canon qui pointait vers le ciel son fût facilement mesurable. Décamètre en main, nous trouvions les 88 mm qui caractérisent les navires de guerre allemands. Une ancre était encore à poste, mais la deuxième était quelques mètres plus bas au sable. Une fière allure que cette proue encore bien droite ! La contournant par tribord pour trouver une ouverture, nous longions le pont ajouré au travers duquel nous pouvions apercevoir les cales avant. L’une d’entre elles gardait son mystère et il nous fallait allumer nos phares pour y pénétrer et trouver bien rangées en son intérieur des munitions qui, sans aucun doute, étaient du diamètre du canon. De la vaisselle estampillée de la croix allemande jonchait aussi le sol de cette cale. Il fallait arriver sur la partie centrale de l’épave pour comprendre que la bataille avait été rude pour ce VP 1515. Ajourée de toute part à partir des trois-quarts avant, il n’y avait plus que ce qui ressemblait au poste de pilotage encore debout au centre de l’épave, car c’était bien de ce dernier qu’il s’agissait. Plusieurs ouvertures sur le devant, une porte sur le derrière, et nous voici au commandement du VP ! La barre, encore en place, était là pour témoigner de l’authenticité d’un navire. Un pied d’affût, sûrement anti-aérien, était là lui aussi, à même le sable. Il fallait ensuite être vigilant pour découvrir ensablée presque entièrement la chaudière, ainsi que les 3 cylindres du moteur, le classique triple expansion que nous connaissons si bien dans ce secteur. Mais peu ou pas de trace de la poupe, tout juste un semblant de pale d’hélice au sable et des restes de membrures qui nous permirent de dessiner cette nouvelle « re »découverte.
|
ALORS, QUE RESTE-T-IL À DÉCOUVRIR DE LA 15 VP ? |
|
Basée à Fécamp et au Havre, la 15 VP était de tous les accompagnements des unités importantes de la Kriegsmarine. De ce fait, elle était l’unité la plus exposée. Dix-huit de ses navires disparurent durant le conflit de 1939-1945. À ce jour et d’après les archives de guerre allemande, une unité est encore manquante pour nous : le VP 1507, donné comme perdu le 12 juin 1944. Nous avons notre petite idée sur cette épave et le lieu est certes proche des données d’archives. Mais il serait dommage de lever maintenant le voile sur cette nouvelle épave... Nous vous donnons rendez-vous pour découvrir ce récit dans l’un des prochains tomes de la Saga des Épaves de la Côte d’Albâtre...
|
Photos
SÉQUENCE PHOTOS
(Reproduction interdite sans autorisation du GRIEME) |
Biblio
BIBLIOGRAPHIE – À LIRE, À VOIRSeekrieg im Armelkanal de Gunther NAIMS REMERCIEMENTSPatrick RIARD, la Maison BILDIENST de WILHEMSHAVEN pour les S.Boot et riche en archives des flottilles VP |











